La Foutue bande - de loin la Palestine

Les artistes en résidence au Vélo théâtre

Une création collective le « 7 au Soir » sous la direction d’Elsa Hourcade et Yvan Corbineau

Voilà une proposition artistique au titre intrigant… Celui-ci est arrivé dans l’actualité de l’écrivain, en 2010, un peu comme une évidence. Yvan Corbineau était alors en résidence d’écriture à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Un titre qu’il aime parce qu’il sonne et parce qu’il transcrit une dimension affective qu’on retrouve dans l’adjectif « foutue » et dans le nom « bande ». Mais surtout aussi parce qu’il porte en lui un quadruple sens : l’évocation d’une équipe (le collectif), de la longueur (de par sa forme), de la bande magnétique (clin d’œil à la pièce de Beckett, « La dernière bande ») et enfin la référence à Gaza (le sous-titre apportant ce dernier éclairage). Celui-ci aura influencé l’écriture même de la pièce qui a commencé en 2009 et se termine à sa création, comme le précise Yvan Corbineau. Le fait de commencer à travailler avec le collectif alors que le texte était encore en chantier participe de ce va-et-vient entre l’écriture et la mise en scène. Si dans l’équipe la prise de parole est collective, celle-ci est toutefois assumée par Elsa Hourcade, en étroite collaboration avec l’auteur et avec la complicité de Zoé Chantre, dans l’adaptation et le montage des textes.

Il sera ici question de « légitimité », ce droit que nous avons tous de nous poser des questions sur un sujet qui fait peur et qu’on connaît « de loin », tout comme l’auteur et le collectif, il y a peu de temps. « On est tous parti d’une incompréhension et même après le spectacle, on n’en saura pas beaucoup plus. Nous ne faisons pas de pédagogie. Nous parlerons d’exil, de colonisation, de territoire et d’appartenance, mais il sera surtout question d’émotion et de poésie. Et puis ça aborde aussi des questions de théâtre. On manipule un sujet brûlant mais c’est la langue d’Yvan, une langue fragmentaire, une matière complexe, vaste, riche et belle, qui sera au cœur de la pièce… » précise Elsa Hourcade. La musique, omniprésente dans les pièces du collectif (cf « Mamie rôtie » et « Quelles têtes ? La mort, l’amour, la mer » ou « Le bulldozer et l’olivier », toutes présentées au Vélo Théâtre), crée l’unité. D’autant qu’elle est cette fois-ci sur le plateau avec la présence de Jean-François Oliver, compositeur et musicien (clavier et oud) et Osloob, rappeur et chanteur palestinien. A ces derniers s’ajoute toute une « bande » : des comédiens, des régisseurs, des scénographes, des constructeurs, des costumiers et un regard extérieur et « périphérique », trublion bienvenu dans cette équipe de 12 personnes. La pièce a été jouée 4 fois, en octobre, au TJP de Strasbourg, en dépit d’une résidence amputée de 2 semaines, en raison du contexte sanitaire. L’une d’elle sera rattrapée au Vélo Théâtre, sans présentation publique malheureusement, et la suivante, aura lieu prochainement, au Kremlin-Bicêtre, en région parisienne. Une compagnie que vous reverrez certainement au Vélo Théâtre même si nous ne pouvons pas encore vous dire quand…

NB : Le texte a reçu l’aide nationale à la création dramatique d’Artcena

En savoir plus sur « Le 7 au soir » La Foutue bande - de loin de la Palestine Collectif le 7 au Soir (BRETAGNE) Ecriture, musique et théâtre d’objets – Tout public à partir de 14 ans – Durée : 1h Spectacle initialement prévu : Vendredi 12 mars à 14h (scolaire) et 19h au Vélo Théâtre (Apt) qui ne pourra, malheureusement, être ouvert au public.

La foutue bande est une constellation de textes sur la Palestine, un regard lointain qui tente d’approcher petit à petit son sujet et de faire le point.

La foutue bande est une recherche impuissante qui se met à nu, un questionnement qui se précise, un feu qui s’entretient d’année en année.

La foutue bande c’est autant de lectures que d’écriture, autant de découvertes que de désarroi, de cris que de larmes…

La foutue bande est une écriture fragmentaire et hétéroclite, faite de formes littéraires variées (monologues, poèmes, conte, récit, chansons, sms, appel radio, cartes, etc.) et dans des registres différents (un peu drôle, un peu moins drôle, plus du tout drôle).

La foutue bande est une métonymie, « la métonymie utilise un mot pour signifier une idée distincte mais qui lui est associée… ex : boire un verre ». Ainsi en parlant de (la bande de) Gaza, nous parlons de la Palestine (autre sorte de bande) et pourquoi pas d’autres territoires qui se morcellent, d’autres gen.te.s qui vivent sur des territoires sur lesquels les droits ne sont pas partagés.

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